Comment organiser une marche sensible ?

Cette ressource fait partie du kit pédagogique La marche sensible, dont l’objectif est de proposer un outil/dispositif pour sensibiliser à l’espace, collecter, organiser et traduire des données sur un territoire avec une méthodologie spécifique.

Organiser une marche sensible, c’est penser et choisir sa mise en œuvre pratique : le type d’organisation et de conduite du groupe, les types de trajets, les consignes particulières, etc.

Il est à noter qu’un parcours d’une dizaine de minutes à pied sera équivalent à une heure de marche sensible, pour prendre le temps de regarder, écrire, décrire, sentir, écouter, toucher, produire des images et dessiner.

Il s’agit d’une marche sensible qui va prendre en compte les émotions, les ressentis, les préjugés et références des usagers. C’est un outil de recherche, de sensibilisation et d’apprentissage qui permet de saisir les attachements et le goût des lieux. Il permet également d’en décrypter les ambiances et les usages, d’en apprécier l’esthétique, les proportions et leurs incidences sur notre perception.

Ce parcours devra donc être pensé et délimité au préalable par l’encadrant ou l’enseignant, devra être organisé selon un protocole défini. Le degré d’autonomie des marcheurs sera adapté à leur âge, au nombre d’encadrants, à la taille du périmètre et au degré de sécurisation du site, en fonction des objectifs du parcours.

Il faut aussi penser à intégrer des variations : l’encadrant peut expérimenter d’autres méthodologies. Plusieurs modalités d’organisation du groupe sont envisageables :

  • Effectuer un parcours de repérage en groupe puis entreprendre la marche sensible en binôme ou en trinôme.
  • Suivre un tracé sur un plan, seul ou à plusieurs.
  • Laisser, à l’intérieur d’un lieu clos ou d’un périmètre précis, de petits groupes d’élèves définir leur propre parcours en leur indiquant des points de passages imposés.
  • Prévoir avec des enfants plus jeunes que le groupe se déplace selon une figure prédéfinie : boucle, ligne en zigzag, etc.

Les postures corporelles à tester

  • Marcher lentement, changer de rythme, de direction, faire des arrêts.
  • Se lever/se baisser, s’asseoir, s’allonger.
  • Regarder en l’air/vers le sol, balayer du regard, passer du détail à une vue d’ensemble.
  • Sentir, écouter, toucher.

Appréhendée en binôme de marcheurs ou en petits groupes de participants avec un enquêtant et un écoutant, qui avancent à un rythme lent sur un itinéraire défini ou non au préalable, la marche sensible favorise une lecture du paysage au sens large du terme.
Écoutant ses impressions et sensations, l’enquêtant les fixe par une représentation (dessins, croquis, plans), par une captation numérique (photographies, vidéos), par le son (captation audio et simultanément par des mots dictés ou transmis oralement à l’écoutant).
Selon un temps donné et sur un même parcours, les rôles s’inverseront : l’enquêteur devenant l’écoutant. Chacun pourra ainsi proposer son propre ressenti ou vécu des lieux rencontrés.

Définition d’un parcours itinéraire

Zone

Objectif :

  • Définir le terrain d’étude.
  • Définir une zone d’exploration, l’échelle de cette zone est relative à différents facteurs : le temps disponible, l’âge du public, la proximité.

Transect

Un transect est une ligne virtuelle ou physique que l’on met en place pour étudier un phénomène.

Objectif :

  • Réaliser une coupe physique sur un territoire, s’orienter.
  • Rester au plus près de cette coupe, malgré les obstacles (bâtiments), la logique des voies de circulation.

Dérive

La dérive est une manière d’errer dans un lieu, dans une ville, en tant qu’expérience philosophique.

Objectif :

  • Rencontrer un territoire de manière aléatoire, sans a priori.
  • Le parcours se construit in situ au fur et à mesure de la dérive.

Figure

Une figure est une ligne, une géométrie, une surface.

Objectif :

  • Suivre une figure, un itinéraire tracé au préalable.
  • Lire une carte, se repérer dans l’espace.
  • Cette figure peut correspondre à une logique (urbaine, architecturale, etc.) ou être un dessin qui permette une découverte plus aléatoire.

Points

Un point est un endroit fixe et déterminé.

Objectif :

  • Rejoindre des éléments urbains déterminés et identifiés.
  • Pour rejoindre ces points, soit le tracé est défini en amont, soit au fil de la marche.

LES AUTEURS
Olivier Ocquidant est doctorant en sociologie à l’université de Saint-Étienne, au laboratoire « Centre Max Weber ». Il mène une thèse sur les formes sensibles de l’urbanité et anime des ateliers de type marche sensible. Il enseigne à l’université et en écoles d’architecture.
Mireille Sicard, Architecte DPLG, CEAA Les métiers de l’histoire de l’architecture, ENSAG est aussi Directrice de la Maison de l’Architecture de l’Isère et responsable du GT Pédagogie du RMA et chef de projet d’ArchipédagogiE.org. Elle enseigne la médiation de l’architecture à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble.
Sabine Thuilier est architecte, enseignante à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Clermont-Ferrand, et membre associée du Groupe de Recherche en Formation Ressources. Fondatrice et co-directrice artistique de Pixel[13], art(s), architecture(s) et territoire(s), qui développe, depuis 20 ans, créations in-situ et ateliers jeune public ; elle y expérimente la marche, comme acte artistique sur différents territoires.
Valérie Vedrenne est conseillère Architecture, Patrimoine, Musées à la Délégation aux Arts et à la Culture de Grenoble, Coordonnatrice du PREAC Architecture pour la Région ARA. Elle enseigne les Arts plastiques en établissement du secondaire.

COORDINATION DE LA RESSOURCE
École nationale supérieure d’architecture de Grenoble
École nationale supérieure d’architecture de Saint-Étienne
Canopé Auvergne-Rhône-Alpes
Rectorat DAAC de Grenoble